Samedi 21 juin 2008


Hier, au travail,

fa-ti-guée... par les répétitions, tard le soir, de la pièce dans laquelle je joue, au théâtre,

dé-pri-mée par une violente dispute avec ma mère, le matin même...


Et il est arrivé, l'air misérable, le visage rougeaud, vacillant sur sa canne...un vieil SDF affamé, contemplant d'un air malheureux les viennoiseries et autres pâtisseries, derrière ma vitrine.
En pleine heure de pointe, les gens passaient devant lui...lui refusant les quelques 50-20-10 centimes qu'il demandait... 

Moi, tout à mon obligation de les servir et d'aller vite, je me pliais à ma contrainte, le coeur serré...

Il restait à 2 mètres de la vitrine, l'air honteux et hésitant. Puis il s'est approché et m'a demandé, la gêne personnifiée, si j'avais des invendus. 
- Non, désolée, lui répondis-je. Pas à cette heure. Mais ce soir, à la fermeture, je peux vous donner tous les invendus si vous voulez....

La situation me paraissant trop absurde et insupportable, j'étais à deux doigts de lui filer discretos une ou deux des viennoiseries qu'il convoitait.
Mais tout est calculé, comptabilisé, recensé là où je bosse... il est risqué de cacher un croissant dans un coin pour le faire ensuite passer pour de la perte...

Dans un silence contemplatif, il fixait un gros pain au chocolat. Une larme perla sur sa joue. S'ensuivit une expression de rage et d'impuissance, mêlée de honte.
 
A contrecoeur, il sortit de sa poche une pièce de 2 euros pour acheter un "maxi" pain au chocolat. Si j'avais pu le lui donner gratuitement... parce que ça coûte cher pour ce que c'est, un simple pain au chocolat, dans une gare. Vous vous en êtes sans doute tous rendu compte une fois dans votre vie... alors imaginez, pour un Sans Domicile Fixe...

J'insistais donc...

- Ce soir, je peux vous donner tous les invendus. Ils seront encore frais!
- A 21h?
Me fit-il, l'air fatigué
- Non, même avant... à 20h30. 
- 20h30?
- Oui, 20h30 devant la gare, ça irait? 
- D'accord
, conclut-il, esquissant un clin d'oeil.

Il s'éloigna lentement, trop lentement...j'avais envie de pleurer. Ca vous fera peut être rire mais je me sentais très mal. J'avais comme l'impression de ne pas avoir porter assistance à quelqu'un qui en a cruellement besoin. 

Et l'absurdité des invendus!!!
Qu'il soit 15h ou 20h, c'est une certitude, il y aura toujours des pains au chocolat qui demeureront invendus...alors qu'est-ce que ça peut faire???

Survint soudainement un conducteur de taxi...
- Salut, eh ben...t'as l'air bien pensive...
- Ben...
- Quoi?


 Je lui expliquais rapidement la venue du SDF.

- Pfff, tu sais, ils ne cherchent que du vin rouge! 
- Non, celui-ci avait vraiment faim!
- Je suis pas de ton avis, tu sais...

Il coupa court, devant répondre à son portable qui sonnait.

Je restais les bras appuyés de chaque côté de ma caisse, songeuse...

La fin de la journée fut plus longue que prévu. Je quittais les lieux à 21h...pas de vieil SDF devant la gare...

Je parcourus rapidement les alentours de la gare en voiture. Il était introuvable. Je revins donc à mon point de départ. 
Je donnais le sac plastique, plein à craquer de viennoiseries, sandwichs, etc. à un autre SDF, particulièrement imbibé celui-là. Je lui décrivis celui que j'avais vu dans l'après-midi.

- Oui, oui, je partagerais si je le vois, me fit-il, à moitié dans les vapes. Le contenu du sac ne semblait pas l'intéresser beaucoup.

Je repartis, à contrecoeur, mais contente que cette triste journée s'achève...


Quand on pense au gâchis insensé de petites structures comme celle dans laquelle je travaille temporairement...
Quand je pense que de tous mes collègues, je suis la seule à donner, à ceux qui en ont besoin, nos invendus de la journée! Alors que des nécessiteux, il y en a toujours à traîner devant la gare, le soir!
 
Que penser des grandes surfaces qui jettent, chaque jour, à la poubelle, des tas de produits encore consommables!?! Et qui les aspergent, en plus, d'eau de javel pour les rendre impropres à la consommation!?! 

On vit vraiment dans un monde absurde! Ca prend 5 minutes de donner les invendus à ceux qui en ont besoin! Ca ne coûte rien, ça ne fait pas mal au dos, ça nécessite juste un peu de marche, un tour en voiture... 5 minutes!  

Mais visiblement, ce sont déjà 5 minutes de trop à consacrer aux autres...pourquoi ne sommes-nous pas plus nombreux à le faire?!

Pfff absurde, on vit vraiment dans un monde absurde.
Par La Déferlante - Publié dans : Houle de fond - Communauté : Les écorchés vifs
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Samedi 14 juin 2008





J'ai connu ces dernières semaines une vague d'optimisme vivifiant, qui m'a, je pense, permis de retrouver un-job-pour-la-saison-estivale, de profiter à fond de la présence de mon amoureux à mes côtés et de ne pas trop m'en faire pour septembre prochain.

Oui mais voilà...

mon amoureux a raté son concours à 0,5 points près (qui lui aurait conféré un statut de stagiaire réumunéré).
Il ne trouve pas de travail (dans ce qu'il faisait avant) et va donc retourner chez papa-maman, en attendant de trouver, car il ne peut plus assumer son loyer.
Nous serons donc séparés par 1H15 de route. Ca peut aller....

Seulement, il est fort probable qu'il trouvera plutôt du boulot sur Paris...et là, on serait alors séparés par 3H30 de train, 100 euros l'aller-retour, youhouuuuuuuuu...


Ensuite, dans l'attente de l'entretien pour cette licence pro qui m'intéresse, je me demande si j'ai bien raison de me diriger vers ce domaine, si les débouchés seront là, après...
Ne devrais-je pas plutôt réintégrer le master professionnel que j'avais commencé, il y a 2 ans? Mais en même temps, faut-il agir en fonction des débouchés ou en fonction de ce qui nous attire le plus?


Enfin, je me fais un sang d'encre à propos de ma voiture. Gagnerais-je assez cet été pour assurer l'assurance, l'essence, le contrôle technique, une fois que j'aurais fini de la rembourser?
Ne devrais-je pas m'en séparer tant qu'il est encore temps? Puisque de toute façon le baril de pétrole atteindra bien 250 dollars un de ces 4 matins...

Et vous, vous en êtes où?
Par La Déferlante - Publié dans : Déferlement - Communauté : BESOIN DE RECONFORT
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Samedi 14 juin 2008



Sur l'excellent blog des Filles Blasées hier soir, je lisais qu'elles avaient parcouru tout leur blog et qu'elles avaient sélectionné 3 de leurs meilleurs articles chacunes. Elles proposaient de voter pour. J'ai lu et j'ai voté...

et je me suis moi-même mise à relire mes propres articles depuis le début.



Comme je me suis fait peurrrrrr!

J'ai du mal à réaliser que j'ai pu être aussi mal, à ce pointtttttt, pendant tant de temps!

Ohhhhhh myyyy goddddddd!
I can't believe it!

J'écrivais souvent quand ça allait mal et je dirais même plus pour parler de choses désagréables quand je n'allais pas trop mal! Et ça vous a intéressé???? Ca ne vous a pas gavé? Moi en tout cas, ça m'a filé le bourdon, mais j'ai quand même dormi après.

Cependant, je me suis demandé comment se faisait-ce (faute faite exprès), que nous soyons si nombreux à être si pessimistes?

Peut-être est-ce parce qu'on nous inculque dès l'enfance à voir le verre à moitié vide,...alors qu'on devrait le considérer à moitié plein!  Et parce qu'on a tous un penchant pour les sagas mélodramatiques (enfin, jusqu'à un certain âge...).

Alors que, pour en revenir au verre, dans les faits, s'il me reste la moitié de mon verre de Coteau du Layon ou de Gewurztraminer, c'est super!!! Car c'est l'occasion de me resservir après!!!!!!!!!!!!!! Non?????????

Quoi qu'il en soit, la raison de mon retour, c'est que ça ne va pas trop trop bien, héhéhé! Préparez-vous pour une nouvelle déferlante...

Non je plaisante. Je suis juste un peu trop angoissée en ce moment, rien de plus. Donc ça va bien et j'espère que vous aussi!

Bonne journée les gens!
Par La Déferlante - Publié dans : Petites rigoles... - Communauté : Les écorchés vifs
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Jeudi 1 mai 2008
...Ou comment se rendre détestable en un après-midi!


   






Samedi dernier j'ai reçu chez moi une copine de mon ancien centre de formation. Elle était accompagnée de son amoureux et de la meilleure amie de ce dernier. 

Toute contente, je les reçus au soleil, sur la terrasse, chez mes parents.
Je leur préparais avec la satisfaction de celle qui pense "vous m'en direz des nouvelles", un petit cocktail sans alcool (canada dry-sirop de fraise-citron pressé).

Je m'attendais à passer un bon après-midi, à rire, car il faut savoir (pour ceux qui ne le savent pas), que le citron pressé produit un effet détonnant sur les gens. J'en avais fait l'expérience, précédemment, avec des copains de fac. Nous étions comme survitaminés, survoltés!


Bien décidée à renouer avec ces sensations extraordinaires, je leur servi le cocktail, en jubilant. Et bien je peux vous dire que le mélange en question fit beaucoup d'effet au doux et tendre de ma copine A.! Mais pas dans le bon sens du terme.

De tout l'après-midi, je ne pus placer un mot! Elle et la meilleure amie non plus (mais ça leur convenait visiblement). Elles semblaient vénérer ce type!


Le bidochon des temps modernes commença par débiner les quelques "personnalités", de notre groupe de copains du cfa...

-"Oui, tu vois, machin, la première que je l'ai vue dans sa mini-jupe, je me suis demandé ce que c'était que cette pute..."

- "Truc, c'est un fils à papa, t'sais il fera jamais rien de sa vie ce petit con, regarde comment il crâne! Et sa nana, nan mais tu te rends compte! Ils se voient 24h/24, mais ils tiendront jamais...et nienienien

- " Bidule, elle pourrait s'arranger le portrait! T'as vu comment elle s'habille, ..."


Dans sa loghorrée revenait régulièrement comme un refrain le
"Non, mais franchement, S., méfie toi de ces gens là! Tu vois, nous, on est un petit couple honnête, modeste, hein A.? On ne se prend pas pour ce qu'on est pas. Non mais franchement, tu trouves pas?"

A. approuvait.
La meilleure amie le couvait d'un regard adorateur.

Moi j'étais consternée, dépassée, sidérée. Certes, tout comme A., j'avais pris mes distances avec le groupe, en raison de certains comportements qui me déplaisaient. Mais entendre mes anciens copains de classe insultés de la sorte...!

Il continua ensuite sur l'excellente affaire qu'ils avaient fait en achetant cette nouvelle voiture... me fit tout un speech sur Truc! Truc a un diesel! Non mais tu te rends compte comment il perd du blé avec sa diesel ce crâneur...
Puis vint mon tour: 
ah ah ah, elle doit avoir des problèmes d'injection ta mégane et 1 litre 6 c'était trop à 22 ans! Il faut du 1 litre 4!!!

"Oh oui, du 1 Litre 4", répétait en écho la meilleure amie.
 Il conclut en me disant, visiblement ravi:
"Tu t'es fait arnaquée".

Il y eut ensuite la série d'enguelades et de regards noirs destinée à son chien, qui gémissait. La démonstration de virilité façon JC Van Damme  "je suis grand, beau et fort" me laissa de glace.

Je contemplais avec désolation ma copine A. et la meilleure amie qui le regardaient faire avec des yeux de merlan frit. J'appris par Bidochon que leur chien (oh oui c'était comme leur premier enfant), il avait coûté 300 euros! Bon investissement, Heiiin?...qu'ils étaient un petit couple sympa, hein?N'est-ce pas?Hein?


Il semblait régulièrement évaluer l'estime et la sympathie que j'avais pour lui. Les deux fondaient au soleil, à vue d'oeil. Un léger mal de crâne commençait à me lancer. Bidochon me soûlait grave. Mais par respect pour A., je l'écoutais poliment. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour garder une copine!

Le long monologue de Bidochon s'acheva enfin vers 19h...il annonça qu'ils allaient partir. Car c'était l'heure de manger.

Enfin, A. allait préparer à manger.

[Je sens que je vais me faire des ennemis mais ça me semble révoltant qu'à 19 ans, elle se tape les repas à préparer, les lessives, le repassage des chemises de Bidochon et qu'en plus elle aime ça! Il ne participe en rien!]

Heureuse que cette beauferie de première catégorie prenne fin, je les raccompagnais à la porte, soulagée. Les "au revoir" furent interminables. Il passa près de ma voiture et se tourna vers moi avec un petit rire "ironique", lança une ou deux vannes bidons.

A. et la meilleure amie, attendaient qu'il daigne d'ouvrir. Je l'encourageais, d'un sourire figé, difficile à étirer (façon Carla Bruni^^), à se casser au plus vite.

Enfin la dernière portière claqua. Ils partirent...
Bidochon me dit par la fenêtre de ne pas hésiter à passer, hein, quand je voulais...

C'est ça ouais...plutôt mourir que de venir écouter l'Assomant chez lui...ah, si A. pouvait se rendre compte de ce qu'il est...





Par La Déferlante - Publié dans : Vague scélérate - Communauté : Vive le désordre !
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Mardi 29 avril 2008


Jeudi dernier, soirée chez mes ex-colocs, avec notre petite bande de copines en prime. Très sympa.

J'étais heureuse d'être présente dans mon ancienne ville étudiante...mais en revenant dans cet appart', de même qu'en triant et classant mes cours de langues (de la terminale jusqu'à master 1), le lendemain, j'aurais voulu revenir quelques années en arrière...

Pour profiter, savourer, tant qu'il était encore temps le fait d'être en fac, d'avoir des cours intéressants. Si j'avais pu deviner la suite, ma suite, je me serais davantage intéressée à mes cours, je les aurais approfondis, je serais devenue un monstre de connaissances linguistiques et culturelles, ayant bien à l'esprit que les années passeraient très vite et que les acquis se délitent vite, trop vite.

J'aurais eu en tête qu'un jour, je devrais me montrer beaucoup moins insouciante car je serais obligée de faire face à la réalité du monde du travail.

Alors que j'aimerais ne pas l'intégrer si vite, laisser moi encore un an, un an et des poussières...



Je comprends, à présent, pourquoi ces paroles (en voix-off), dans le film "Déjà mort", d'O. Dahan, ont si profondément marqué une de mes copines:

"Je voudrais avoir 5 ans, marcher dans le jardin, sans penser à rien. Attendre qu'on vienne me chercher. Qu'on mette la nourriture dans ma bouche avant même que j'ai faim. Aujourd'hui, c'est fini, il faut penser à tout..."

C'est vrai, en effet. Le temps passe beaucoup trop vite. On ne mesure pas la chance qu'on a d'être enfant, puis étudiant (quand les parents ont les moyens financiers)...

Pour moi, tout est allé trop vite, je n'ai pas eu le temps de mûrir assez avant d'arriver en master 1, comme un cheveu sur la soupe. C'est pour ça que j'ai arrêté, parce que je ne me sentais pas prête, pas à la hauteur. Je n'ai pas su saisir ma chance. 

A quoi bon regretter ce qui est fait, certes...mais ça pèse lourd, maintenant...

je sais que si je retourne réellement en master, ou même, si j'entre en licence pro, à la rentrée prochaine, ce sera avec une boule d'anxiété au fond de l'estomac:
réussir et vite, car il commence à se faire tard...

Soupir...

J'aimerais avoir 5 ans...
Par La Déferlante - Publié dans : Ressac de pensées - Communauté : Les écorchés vifs
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