La déferlante est coincée, au pied du mur...c'est foutu, lui semble-t-il.
Elle a remué ciel et terre pour trouver des formations liées au tourisme, ce qu'elle aime. Elle avait trouvé. Seulement, elle s'est rendue compte que la première était payante (3660 euros pour les deux années)...que ses parents n'étant prêts à l'aider que de 200 euros par mois, même en travaillant le we comme elle le fait, elle ne pourrait pas s'en sortir...(puis il faudrait réussir à revendre sa voiture très très vite, en plus...)
L'école de tourisme en question est à 2h de chez elle.
Songer à se payer un logement là-bas...impossible en plus des frais pour 2 ans...
Songer à prendre le train...impossible...ce n'est pas direct...ce serait se taper 3h de train matin et soir
Y aller en voiture...? C'est une essence et ce serait 2h chaque matin, 2h chaque soir...
Elle avait repéré une formation moins onéreuse. Une licence professionnelle, par correspondance en majeure partie...l'idéal pour une déferlante qui aurait pu concilier petit boulot et études ainsi...
Et bien elle a appris par la même personne (qui l'avait renseignée 15 jours auparavant), que le premier semestre de cette formation se ferait à ...PARIS!!!!
Paris? La déferlante a toujours eu une trouille épouvantable de se retrouver à faire des études/travailler là-bas...
Beaucoup s'y plaisent. Mais elle, elle voit les loyers trop chers, les heures de métro/transilien/RER...le coût de la vie...et l'impossibilité d'économiser suffisamment, entre avril et septembre pour pouvoir assurer tout ça...
Ses parents? Bizarres, réticents à parler du sujet qui fâche, indifférents on dirait même...ça lui glace le sang à la déferlante. Sa soeur cadette lui avait dit: "Mais tu sais, j'ai parlé avec eux, ils sont près à t'aider si tu es sûre de ton choix".
Ben faut croire que ça change vite dans leur têtête parce qu'ils veulent l'aider le moins possible la déferlante...on dirait qu'ils veulent lui faire payer sa grosse déprime de la première partie de l'année, sa détestation totale du CFA, son ennui en entreprise...
Elle n'a pas le droit aux bourses, non, non non...ses parents faisant partie de la classe intermédiaire touchant 100 ou 200 euros de trop pour pouvoir toucher quoi que ce soit. Elle se sent coincée, mais alors coincée...
Au fond d'elle-même, elle a toujours pensé que la sécurité financière et morale ne dureraient pas.
Voilà, ça y est...
Elle ne sait pas ce qu'elle va faire...se reposer au moins une semaine, parce que ce n'est plus de la fatigue, ces mois sans vacances, et ces dernières semaines sans week-end (boulot à mac do)...c'est de l'épuisement.
Après...ben pas grand-chose, sans doute...
L'itinéraire d'une aînée mal grandie, mal mûrie, mal informée, mal orientée qui n'a pourtant jamais rechigné à chercher où était son avenir ni qui elle était...mais visiblement, elle n'avait pas le droit à l'erreur! La déferlante est é-coeu-rée!







